Urugo rw’Amahoro

LA PASTORALE D’INGO Z’AMAHORO (FOYER DE PAIX) DANS LE DIOCESE DE KIBUNGO

URUGO RW’AMAHORO se réfère á l’acte d’un centre ayant pour mission d’accueillir gratuitement toute personne vivant avec n’importe quel sorte de handicap. Ce centre reçoit des  personnes pauvres et abandonnées par les leurs ou par la société et les prend en charge en leur assurant les soins médicaux, l’habillement la nourriture sans oublier le coté spirituel. La personne hébergée est considérée comme faisant partie de la famille et par conséquent la prise en charge peut aller jusqu’à la mort. Notre diocèse compte jusqu’ à présent trois Foyers de Paix répartis dans trois paroisses: MUKARANGE, KABARONDO et BARE.

Une particularite pour le diocese de Kibungo

INGO Z’AMAHORO ou FOYERS DE PAIX sont une œuvre de charité initiée par le diocèse de KIBUNGO en collaboration étroite avec le Diocèse ami de REGGIO-EMILIA qui en a l’expérience depuis déjà 1941. Les conséquences néfastes de la seconde guerre mondiale ont tôt fait de rappeler au curé d’une paroisse de ce diocèse d’Italie que ses chrétiens étaient en mesure de répondre aux besoins d’assistance de leurs frères en graves difficultés, ce qui fut fait.La chose n’était nullement étrangère à l’héritage que Jésus a laissé à son église et que la première communauté chrétienne a mis en pratique à savoir, l’écoute de la Parole de Dieu, se retrouver ensemble pour l’Eucharistie et le service aux Pauvres. C’est dans les circonstances similaires de traumatisme d’après génocide, en 1995, que le Diocèse de KIBUNGO a lui aussi commencé le premier FOYER DE PAIX dans la paroisse de MUKARANGE, District de KAYONZA. Ce n’était pas chose facile d’autant plus que les conséquences du génocide étaient encore toutes fraiches. Notre Foyer de Paix figure alors parmi les intervenants de la première heure quant à la prise en charge des personnes en désarroi dans notre région. Après quatre ans, c’est à dire en 1999, la Paroisse de KABARONDO, District  KAYONZA  a vu naître  le deuxième Foyer de Paix, toujours avec la collaboration de REGGIO –EMILIA. En  respectant presque le même intervalle,  le troisième Foyer de Paix est né en 2005, dans la Paroisse de BARE, District de NGOMA. Tous ces trois Foyer de Paix situés en de lieux différents, partages le même esprit de service gratuit  aux plus démunis. C’est donc un même Foyer de Paix en de lieux différents.

L’esprit de  nos foyers de paix

A Première vue, on serait tenté d’assimiler nos Foyers de Paix aux autres centres  ou institutions de santé publique eu égard à l’état physique ou mental de leurs  malades.  Mais qui s’en approche de  plus  près se  rend vite compte  que l’apparence extérieure tranche avec la réalité  qui  se vit dedans. A vrai dire, nos Foyers de Paix  ne sont pas des œuvres d’assistance sociale comme on en voit autour   de nous. Même s’ils prêtent main forte aux rebuts de la société, comme ces centres-là,  c’est dans un tout autre esprit de service rendu aux frères,  au nom du Christ. Ils sont pour  ainsi dire comme  le Tabernacle qui accueille Jésus pauvre  et expriment concrètement l’Eucharistie célébrée en Paroisse. Il reste  vrai que le prolongement naturel de la célébration de l’Eucharistie est la charité. La charité n’est certainement pas l’apanage des seuls Foyers de Paix mais nos Foyers demeurent de tangibles  expressions de cette charité.

Urugo rw’amahoro ou foyer  de paix

Est une famille de la Paroisse où  les pauvres sont les membres  privilégies  parce qu’en eux Jésus se donne à nous comme dans l’Eucharistie  et dans la Parole.  Ceux  qui sont abandonnés, les plus  démunis sont  les trésors de la Paroisse parce qu’en eux nous pouvons aimer,  adorer et approcher Jésus de plus près.  Jésus est né pauvre (Luc 2,1-20), a fait du bien  aux pauvres ( AC 10, 38) et est mort  sur la croix comme un malfaiteur (Fil 2,6-11) . Au Foyer de Paix chaque chrétien s’engage à vivre son propre baptême en se nourrissant  de l’Eucharistie, de la Parole de Dieu  et du service  aux plus petits  de frères.  Ces trois  nourritures à savoir :      la Parole de  Dieu, L’eucharistie,et le service aux  pauvres, sont et  le chemin pour bien vivre son baptêmeet le fondement du Foyer de Paix.

  1. La Table de l’Eucharistie ou l’Eucharistie comme nourriture

L’Eucharistie célébrée chaque  jour devient le centre  de toute la journée et le lieu  privilégié ou prend racine  toute la vie  du Foyer de Paix. Quand il y a célébration de l’Eucharistie,  tous les travaux sont mis de côté pour  que tout le monde  participe à la table du Seigneur  qui offre son corps et son sang à sa famille. L’Eucharistie célébrée au Foyer  une fois par semaine  et les autres jours  le dimanche y compris  le Foyer  participe  aux messes dans l’église paroissiale. Sa présence à la messe étant par ailleurs une  catéchèse.

  1. La Table de la Parole ou la Parole comme nourriture

Chaque jour URUGO RW’AMAHORO (FOYER  DE PAIX) se nourrit  du Pain de la Parole  de Dieu. A travers   la Parole de Dieu  nous parle et nous  indique  le chemin qui mène  à sa volonté. Il y a aussi  la  prière  qui scande la journée à fin de maintenir tout le monde dans le sillagedu Christ qui   à toutmoment, aquelque chose  à  nous dire.  Il ya le rosaire aussi qui nous rapproche de la Mère de Jésus et la nôtre. Marie nous aide à  grandir dans la connaissance de son Fils et  nous  ouvre à la charité. Au Foyer de Paix le rosaire est la prière la plus facile à réciter.

  1. La Table des Pauvres ou les Pauvres comme nourriture

Des fois on court  le risque de ne considérer la  Parole de Dieu et l’Eucharistie  comme seules nourritures pour notre  vie  chrétienne . La vérité est que  les pauvres  sont également une nourriturepour nous,c’est  Jésus  qui se  donne à nous. Le service  leur  rendu devient une manière  de reconnaître et contempler  le visage de Jésus  Christ qui , à travers ces frères et  sœurs pauvres , nous aime et nous fait reconnaître que  nous  avons besoins  d’eux pour  aimer le Seigneur par nos actions de chaque  jour (1jn 3,16-18). Dans  la mesure où  vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de nés frères,  c’est à moi que vous l’avez fait (2 ct 25,31-46). Cette bonne nouvelle nous invite à vivre la charité du Christ et nous envoie en mission  pour opérer les œuvresde miséricorde et nous dit que c’est sur cela que nous serons jugés.  A travers le service aux  pauvres  nous sommes appelés à nous convertir, c’est-à-dire à transformer notre vie en  charité. Les pauvres nous sont envoyés commemoyens de sanctification, c’est par eux que nous accédons au salut.C’est pour cela  qu’ils sont cités comme étant notre pain quotidien au même titre que la Parole de Dieu et l’Eucharistie.

A PERCU  SITUATIONNEL

INGO Z’AMAHORO  ne sont pas destinéesà  l’hébergement de beaucoup de monde  l’esprit de famille qui doit  les caractériser  ne saurait s’accommoder avec une  communauté  dont surnombre nuiraità l’épanouissent de tout un chacun. C’est pour cette raison que le nombre  des malades pour chaque Foyer de Paix varie entre 12 et 14. Nous accueillonsdifférents cas au Foyer : il y a  lesabandonnés, les malades mentaux, les épileptiques,  les handicapés physiques et celles qui ont le VIH. Depuis peu, nous avons décidé de ne plus accueillir de petits enfants normaux ; la raison en est que, primonos Foyersne constituent pas un cadre  idéal  pour l’éducation. Secundo, la scolarisation de ces enfants est une charge de plus  qu’il est actuellement très difficile de soutenir.  Je n’ajoute pas que ce serait aller à contre-courant de la politique du pays en la matière.

 

QUI S’OCCUPE  DES  MALADES

Nous avons tout au  début cité le Diocèse  de REGIO-EMILIA comme collaborateur de taille. En plus d’avoir construit les maisons, REGIO-EMILIA  aide  également dans leurs réhabilitations ou restructurations chaque fois que de besoin. Il verse en outre pour  chaque Foyer  de  Paix  une somme de trois cents mille francs rwandais pour l’entretien. Cet argent est d’un apport considérable mais ne parvient pas à couvrir tous les besoins.

Comme chaque Foyer est  lié à la Paroisse,  cette  dernière  organise des collectes en  vivres ou en argent qu’elle destine  au Foyer.  La sensibilisation des  volontaires, qui sont la force vive du Foyer de Paix est  également une responsabilité de la paroisse.

Le Foyer de Paix fait  grand cas de toute  aide provenant de toute personne physique ou morale animéede droitesintentions. fonctionnant comme un grand carrefour de charité en paroisse, elle ne pourrait mener à bien toutes ces activités caritatives sans qu’il y’ait une ligne directrice favorisant une bonne  articulation de l’ensemble des activités.

C’est pour cela que l’évêque nomme les filles responsables pour chaque Foyer de Paix à fin qu’elles veillent à l’organisation de la vie quotidienne.

Voyant les Foyers de Paix  commeles cadeaux du ciel cadrant avec l’année de la miséricorde, l’évêque veut justement que cette année serve comme un tremplin dans son diocèse pour l’exploration d’autres voies possibles pouvant étayer la pratique déjà existante de soutien et protection des malheureux.

 

LES CONDITIONS D’HEBERGEMENT

 

L’accueil dépend de ce qui suit :

-L’espace disponible dans la maison

-Les raisons de commodité. Il serait par exemple malséant que le Foyer de Paix ne soit occupé que par les épileptiques ou les malades mentaux. Nous faisons tout pour faire régner au Foyer de Paix un certain équilibre entre lescas de pathologie,  et cela pour le bien et des malades et des volontaires.

-Le nombre de volontaires

-Les vivres.

Ces quatre conditions sont interdépendantes et doivent être associées pour une meilleure prestation de service au sein du Foyer de Paix.

 

LES DIFFICULTES

Un Foyer du genre comporte nécessairement des difficultés relatives à sa nature. J’en ai relevé cinq.

-Le transport fréquent et inopiné des malades à l’ hôpital et leur hospitalisation n’est pas chose aisée pour les trois Foyers de Paix.

-Le manque d’eau suffisante est vécu comme vecteur de certaines maladies .Chaque Foyer de Paix pour bien fonctionner, devrait consommer 1500 L par jour. Malheureusement, l’évidence est que sauf le Foyer de BARE, District de NGOMA, les autres Foyers de Paix peinent au quotidien pour avoir de l’eau.

-Insuffisance du bois de chauffage.

-La générosité des paroissiens qui dépend de la clémence du ciel.

-L’aide extérieure et celle des paroissiens ne parvient pas à mettre les trois Foyers de Paix à l’abri des soucis.

 

Cela veut dire que le Foyer de MUKARANGE et celui de KABARONDO, District de KAYONZA, fonctionnent avec tant de choses en suspens et tant de brèches à colmater.

 

LES BESOINS

-La visite régulière du médecin ou infirmier

-Les responsables des Foyers de Paix ainsi que les volontaires ont besoin d’accueillir quelques connaissances élémentaires sur les maladies comme l’épilepsie ainsi que les soins primaires à prodiguer en cas de crise.

Nos malades mentaux ont besoin de jouets de divertissements sans quoi ils passent le clair de leur temps à ramasser tous ce qui leur tombe sous la main.

 

LES PERSPECTIVES  D’AVENIR

Aoir des projets générateur de revenus qui permettraient aux Foyers de Paix de voler avec leurs propres ailes sans devoir trop attendre de l’extérieur

Revoir en hausse le nombre des Foyers de Paix à fin de répondre positivement à la demande toujours croissante.

 

CONCLUSION

 

Nous avons voulu à travers cet article mettre sous les yeux du lecteur quelques traits saillants de nos INGO Z’AMAHORO, leur situation, les défis auxquels elles font face et les perspectives d’avenir. Mais point n’est besoin de dire que rien ne saurait remplacer les visites par les instances habilitées, pouvant apporter un soutien existentiel et durable. Nous souhaiterions donc voir nos INGO Z’AMAHORO insérées parmi les entités existantes qui bénéficient déjà de l’assistance sociale à quelque niveau que ce soit.

 

Abbé Viateur BIZIMANA

Aumônier des INGO Z’AMAHORO.