Du 27/02 au 01/ 03/2022 a eu lieu, au Centre Saint Vincent Pallotti Gikondo à Kigali, une formation continue rassemblant au moins deux prêtres pour chaque diocèse, deux religieux et religieuses responsables d’écoles catholiques dans chaque diocèse et deux laïcs (laïques) engagés auprès des jeunes pour chaque diocèse. La messe d’ouverture a été présidée par Son Éminence Antoine Cardinal Kambanda, archevêque métropolitain de Kigali et membre de la Congrégation pour l’éducation catholique qui a encouragé les participants à profiter de cette formation pour renforcer leurs compétences afin de mieux servir l’Église et la société.

Cette formation continue a été co-organisée par l’Université catholique du Rwanda et la Fondation Internationale Religions et Sociétés. Comme le thème le montre, l’Église, comme elle a été définie par le Concile Vatican II, est enseignante. Cela fait partie intégrante de sa nature. Cependant, enseigner n’est pas une tâche facile. C’est pourquoi, cette formation avait pour but d’outiller les prêtres, religieux, religieuses et laïcs en charge des jeunes pour renforcer leur action éducatrice auprès des jeunes. En plus de cela, cette démarche rejoint les deux volontés du Saint-Père. En effet, le Pape François, dans le « Pacte Éducatif Mondial », publié récemment, invite l’Église et les hommes de bonne volonté à repenser l’éducation aujourd’hui pour mieux préparer l’humanité et l’Église de demain. Dans ce sens, cette formation était une opportunité pour faire une relecture de l’éducation des jeunes au Rwanda à la lumière du Pacte Éducatif Mondial. Cette formation a cherché également à puiser dans la démarche synodale, prônée par le Saint-Père. La foi chrétienne a été explicitée pour dégager les pistes d’une meilleure compréhension des exigences chrétiennes d’éduquer et d’accompagner les jeunes aujourd’hui.

Cette formation continue a portée sur les problématiques nouvelles que rencontrent les milieux de l’éducation et d’accompagnement des jeunes aujourd’hui, à savoir les mouvements de jeunes et les écoles. Parmi les défis qui ont été identifiés, on peut citer l’affaiblissement de la motivation chez les éducateurs, le conflit intergénérationnel basé sur les rythmes différents entre les éducateurs et les jeunes, notamment en termes du phénomène de la mondialisation. En effet, les jeunes sont de plus en plus en rupture avec leur culture locale à cause de l’exposition excessive et non discernée aux réseaux sociaux. Les modes traditionnels de transmission et d’éducation sont en crise profonde, car les jeunes semblent avoir d’autres modèles que les enseignants, les éducateurs et les parents. L’affaiblissement de l’éducation familiale lié au fait que beaucoup de parents, pour des raisons professionnelles, passent beaucoup de temps loin de leurs enfants, le fossé entre la famille et l’éducation promue à l’école et dans les mouvements de jeunesses est de plus en plus grand, la question de l’accès à l’éducation de qualité pour tous les enfants a été également soulevé. Les participants ont eu également la chance d’être informés sur les expériences d’autres Églises d’Europe et d’Afrique, grâce aux interventions de Son Excellence Monseigneur Jean Mbarga, archevêque de Yaoundé au Cameroun et Chancelier de l’Université catholique d’Afrique centrale ainsi que le Révérendissime Père Bernard Lorent, abbé de Maredsous en Belgique et Co-Président Nord de la Fondation Internationale Religions et Sociétés. Ce dernier a présidé la messe de clôture.

En vue de continuer le travail commencé lors de cette formation continue, tous les participants ont été répartis en groupes. Cela va leur permettre de continuer la réflexion et confronter ce qu’ils ont appris lors de la formation avec leur réalité de terrain. Compte tenu des défis de l’éducation aujourd’hui, une autre formation, sous forme d’ateliers guidés, sera organisé prochainement pour les mêmes participants.

Les participants ont été encouragés à être vigilants et à essayer d’implémenter les enseignement reçus dans leur mission respective sur les points suivants :  

  1. Instaurer un climat de bienveillance et d’écoute dans les relations aux jeunes. Ceci devrait passer par une nouvelle conception de l’autorité et par une disponibilité bienveillance des éducateurs
  2. Renforcer l’éducation intégrale qui s’appuie sur l’articulation entre la modernité et les valeurs traditionnelles africaines et les valeurs de l’Église.
  3. Renforcer les moments d’échange avec les parents des jeunes ; intégrer les parents dans le processus éducatif
  4. Rejoindre les jeunes dans leur vie, leurs préoccupations sans les culpabiliser, ni les juger
  5. Accorder une attention particulière aux jeunes vulnérables et issus des familles moins favorisées
  6. Développer les moments d’écoute, de dialogue et d’échanger avec les jeunes et entre les jeunes
  7. Reconnaître les blessures des éducateurs et les aider à s’en remettre pour mieux accompagner les enfants blessés par la vie
  8. Chercher à rendre l’Évangile désirable à travers le témoignage

La participation et les interventions des évêques ont été une source d’encouragement pour tous les participants. Son Éminence Antoine Cardinal Kambanda, archevêque de Kigali, Son Excellence Monseigneur Philippe Rukamba, évêque de Butare, Son Excellence Monseigneur Vincent Harolimana, évêque de Ruhengeri et Son Excellence Monseigneur Edouard Sinayobye, évêque de Cyangugu faisaient partie des formateurs. Son Excellence Monseigneur Anaclet Mwumvaneza, évêque de Nyundo, s’est fait représenter par Monseigneur Jean Marie Vianney Nsengumuremyi, vicaire général de Nyundo et premier Lauréat du Prix Monseigneur Aloys Bigirumwami.

Messe de clôture présidée par le Révérendissime Père Bernard Lorent, Abbé de Maredsous en Belgique et Co-Président Nord de la Fondation Internationale Religions et Sociétés.

Pour l’équipe organisatrice,

Prof. Jean-Paul Niyigena

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