Les participants aux travaux

Du 29 au 30 avril 2021, l’abbaye de Maredsous en Belgique a accueilli les travaux de la Fondation Internationale Religions et Sociétés sur le thème « Formation continue des agents pastoraux : un défi ecclésial ».

La Fondation Internationale Religions et Sociétés est née en 2017. Elle rassemble Pasteurs et Théologiens du Sud et du Nord. Elle s’inscrit dans la ligne du Concile Vatican II et plus particulièrement dans le décret « Gaudium et spes » stipulant l’ouverture de l’Église au monde d’aujourd’hui. Elle se base sur un constat selon lequel, dans un monde marqué par la mondialisation, aucune église locale, toute seule, ne peut faire face à ses défis. Nos Églises, comme nos sociétés, sont de plus en plus interdépendantes et interconnectées. Dans ce sens, la Fondation Internationale Religions et Sociétés a pour mission de concrétiser la co-responsabilité à l’égard de la mission évangélisatrice de l’Église. En partenariat avec différentes universités, elle cherche également à renforcer l’engagement de l’Église dans nos sociétés contemporaines en mettant à la disposition de l’Église les informations issues de la recherche et en assurant une formation continue des agents pastoraux de différents pays.

Le Père Bernard Lorent, abbé de Maredsous et vice-président de la Fondation Internationale Religions et Sociétés, a accueilli les participants en leur rappelant combien l’Église et nos sociétés ont besoin de se nourrir mutuellement pour le bien des hommes et des femmes d’aujourd’hui. Dans son mot d’ouverture, Monseigneur Augustine Kasujja, Nonce Apostolique en Belgique, a rappelé l’importance de la formation continue des agents pastoraux dans l’œuvre évangélisatrice de l’Église et a transmis le soutien et les encouragements du Saint-Siège aux participants. Il convient de souligner également la présence de Monseigneur Pierre Warin, évêque de Namur, le diocèse dans lequel se trouve l’abbaye de Maredsous. Monseigneur Philippe Rukamba, évêque de Butare au Rwanda et président de la Fondation Internationale Religions et Sociétés a montré que, plus que jamais, l’Église a besoin des agents pastoraux capables d’annoncer et témoigner de l’Évangile dans un monde où tout va vite. Cela nécessite une formation continue renforcée. D’après le professeur Jean-Paul Niyigena, responsable scientifique au sein de la Fondation Internationale Religions et Sociétés, la formation initiale des catéchistes, des prêtres, religieuses et religieux ne suffit plus. Sans oublier la place de l’Esprit-Saint, la pertinence de l’Évangile aujourd’hui va dépendre de la capacité de l’Église à faire de celui-ci la Bonne Nouvelle pour nos contemporains.

Monseigneur Jean Mbarga, archevêque de Yaoundé au Cameroun, a insisté sur le fait que les jeunes invitent l’Église à ne pas les juger mais à bien les comprendre. La pastorale des jeunes doit se faire avec l’esprit des jeunes d’aujourd’hui qui sont de plus en plus sensibles aux valeurs d’égalité, de justice, etc. Monseigneur Johan Bonny, Evêque d’Anvers en Belgique a interpelé les participants sur la nécessité d’apprendre des premières communautés chrétiennes pour penser la pastorale d’aujourd’hui, dans un contexte occidental marqué par la sécularisation. Dans ce contexte, l’école catholique et le cours de religion sont des lieux d’approfondissement des questions fondamentales de la vie, plutôt que d’apporter des réponses définitives comme c’était le cas jadis. Les nouveaux défis de nos sociétés doivent être considérés comme de nouvelles clés de comprendre et de vivre l’Évangile. Dans ce sens, Monseigneur Fulgence Muteba, évêque de Kilwa-Kasenga en R.D.Congo a montré que la question de l’environnement constitue un défi majeur pour la pastorale.

Son Eminence Antoine Cardinal Kambanda, Archevêque de Kigali au Rwanda, est revenu sur l’urgence de penser la pastorale urbaine dans une Afrique qui connaît une augmentation exponentielle des villes et de la population des villes. Les pratiques de la pastorale actuelle ont été mises sur pied dans le contexte des villages et des familles élargies. Les villes sont des lieux de l’anonymat et de l’individualisme, c’est pourquoi il est urgent de penser une pastorale urbaine en Afrique qui offrent des lieux d’écoute, de réconfort et d’humanisation.

Monseigneur Jean-Marc Aveline, archevêque de Marseille en France a, quant à lui, insisté sur le fait que le dialogue interreligieux interpelle la pastorale. L’Église ne doit pas tomber dans le piège des pouvoirs publics qui mettent en avant la cohésion sociale comme l’objectif du dialogue interreligieux. Pour lui, le dialogue interreligieux est une exigence évangélique, il fait partie de l’essence même de l’Église. Dès lors, la pastorale de l’interreligieux doit se base sur la théologie trinitaire, la théologie pneumatologique et la théologie de la mission. L’Église est un ministère entre Dieu et les hommes.

Le Père Michel Coppin qui a longtemps dirigé Missio Belgique a rappelé l’urgence de développer une théologie de la mission interculturelle dans le contexte des échanges entre les Églises du Nord et les Église du Sud. Nos sociétés multiculturelles constituent une nouvelle clé de compréhension et de vivre l’Évangile aujourd’hui. Monseigneur Gabriel Sayaogo, archevêque de Koupéla au Burkina-Faso, a soulevé les défis que pose l’éthique mondiale à l’égard des valeurs africaines et chrétiennes. Pour lui, l’Église en Afrique et l’Afrique ne devraient pas tout accepter sous la menace de l’arrêt des aides. La mondialisation ne doit pas signifier la disparition des particularités, des identités locales. Cependant, l’Eglise en Afrique doit cesser de tomber dans le réactionnisme stérile face aux idées venues de l’Occident. Elle doit produire une réponse solide, crédible et inculturée en matière éthique et entreprendre un travail pédagogique auprès des jeunes. Père Bernard Lorent, abbé de Maredsous, a soulève la question de la préparation des prêtres africains missionnaires en Europe. Beaucoup de prêtres africains sont en Europe pour des raisons d’études, d’autres pour des raisons de santé. La mission dans une paroisse, dans ce sens, arrive comme un moyen. Il est urgent de faire de la mission une priorité, de préparer les prêtres africains aux réalités culturelles et ecclésiales du Nord. Une fois en Europe, les diocèses devraient également organiser un accompagnement de ces prêtres pour leur faciliter l’insertion et l’intégration pastorales et citoyennes. Dans ce sens, l’une des missions de la Fondation Internationale Religions et Sociétés consiste à fonder un institut qui prendra en charge cette préparation.

Monseigneur Philippe Rukamba, évêque de Butare au Rwanda, trouve qu’il est nécessaire, dans une Afrique des conflits, de penser une pastorale qui prévient et gère les conflits. Il a tenu à affirmer que cela doit être envisagé avec beaucoup d’humilité de la part de l’Église car les États africains cherchent à monopoliser le pouvoir sur les populations. Néanmoins, l’Eglise doit s’efforcer d’offrir une pastorale courageuse et prophétique. Frère René Stockman, supérieur général des frères de la charité, a livré sa réflexion sur la nécessité d’une formation continue pour les congrégations religieuses. La formation continue est nécessaire pour renforcer l’articulation des trois pôles, à savoir la proclamation, le témoignage et le contexte. Les congrégations missionnaires ne doivent pas laisser tomber la proclamation. Il ne faut pas qu’elles se réduisent aux organismes philanthropiques. C’est pourquoi, il est nécessaire de tout faire pour mettre en lumière la particularité de leur présence qui doit rester missionnaire et placer le Christ au centre de leurs actions

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. Le Père Patrick Issomo a tenu à montrer que le contexte de précarité vécu en Afrique est un lieu de discernement afin de proposer les pratiques pastorales qui font grandir dans la foi. Pour terminer, l’intervention du professeur Jean-Paul Niyigena a porté sur les mutations au sein du laïcat africain comme lieu de beaucoup de défis pastoraux. A l’époque des missionnaires, les catéchistes jouaient un rôle important dans l’évangélisation. Ils étaient des villageois comme leurs voisins. Cette image du catéchiste villageois n’a pas été revisitée alors que plusieurs mutations ont eu lieu au sein du laïcat en Afrique. En effet, l’avènement des écoles et des universités, des professions libérales et de la fonction publique est à l’origine de la complexité des attentes pastorales. Cela implique un renouvellement de l’instance des catéchistes, un renforcement des compétences théologiques des laïcs gérant le temporel, un passage d’une ecclésiologie clérico-centriste à une ecclésiologie inclusive ou communautaire, une présence pastorale qui promeut un développement intégral et garantit un enracinement dans la foi chrétienne.

La prochaine rencontre sera accueillie à Yaoundé par Monseigneur Jean Mbarga du 3 au 6 novembre 2021.

Pour la Fondation Internationale Religions et Sociétés, Prof. Jean-Paul Niyigena (Responsable scientifique)

Publié par la Commission Diocésaine chargée des Moyens de Communication et des Activités Culturelles

A Dieudonné UWAMAHORO, Président de la commission

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