Canonisation d’un jeune italien à mi-parcours du Synode des évêques : Nunzio Sulprizio

Le Pape François a canonisé, ce dimanche 14 octobre 2018, sept Bienheureux lors d’une messe solennelle à place Saint-Pierre, durant le Synode sur les jeunes.

Parmi eux, le Jeune Nunzio Sulprizio mort à seulement 19 ans, le Pape Paul VI, qui a béatifié lui-même ce Jeune, lors du Concile Vaticane II. Dans son homélie, le Saint-Père a exhorté les fidèles à suivre leur trace en se donnant à Jésus totalement.

Cité du Vatican
Messe de Canonisation du Pape Paul VI et le Jeune Nunzio Sulprizio

L’Église compte sept nouveaux Saints: le Pape Paul VI, Nunzio Sulprizio mort à seulement 19 ans, Mgr Oscar Romero, l’archevêque de San Salvador assassiné alors qu’il célébrait la messe en 1980, les prêtres italiens Francesco Spinelli et Vincenzo Romano et deux religieuses l’Allemande Maria Katharina Kasper et l’Espagnole Nazaria Ignazia de Sainte Thérèse de Jésus.

Le Pape François, dans son homélie, a exhorté «à imiter leurs exemples» en commentant l’Évangile selon saint Marc (Mc 10,17-30) qui «invite à la rencontre avec le Seigneur». De nombreux pères synodaux et jeunes, qui participent actuellement au Vatican à la XVe assemblée générale ordinaire du Synode des évêques sur le thème les jeunes, la foi et le discernement vocationnel, étaient aux côtés du Pape.
Le Saint-Père a proposé une ample réflexion sur la place que nous accordons à Jésus dans notre cœur mettant en exergue «le chemin parcouru par les Saints». Jésus, a rappelé le Pape, nous propose une «histoire d’amour», et elle est exigeante car Jésus «est radical». Aussi, il ne suffit pas de marcher derrière Lui quand seulement nous convient, mais il faut «le chercher chaque jour».
Donner totalement notre cœur à Jésus
Jésus «donne tout et demande tout», rappelle le Saint-Père: «Il donne un amour total et demande un cœur sans partage». Jésus, insiste le Pape, «ne se contente pas d’un ‘‘pourcentage d’amour’’: nous ne pouvons pas l’aimer à vingt, à cinquante ou à soixante pour cent. Ou tout ou rien !»

Sa Saintete le Pape François 

Voici l’homélie du Saint Pape Paul VI lors de la béatification du Jeune, le 1er décembre 1963:

Paul VI, homélie de la béatification, le 1er décembre 1963
13-4-1817, Pescosansonesco, Pescara, Italie
5-5-1836, Naples, 19 ans, Italien. Fêté le 5 mai.

Son père était cordonnier, sa mère fileuse. A 3 ans, il perdit son père, et à 6 ans, sa mère.
Il est recueilli par sa grand-mère qui lui inculque une foi profonde, vivante. Trois ans après, elle meurt.
Son oncle l’héberge mais il est colérique, brutal, boit et blasphème. Nunzio, 9 ans, est rudoyé si durement qu’il en est estropié.
Son travail, qui doit servir à payer sa pension, est trop dur pour lui. En plus, mal nourri, il tombe malade, une jambe est atteinte, l’os carié.
Moqué par les enfants du village, Nunzio applique les leçons de sa grand-mère, et supporte tout sans plainte.
L’oncle met l’enfant à l’hôpital de l’Aquila. Jugé incurable, il est transféré à l’hôpital de Naples.
Voulant servir les pauvres, les Sœurs de la Charité acceptent son offre de soigner et consoler les malades. Il rayonne la paix… et cependant, il est humilié, calomnié par certains.
A nouveau, il ne se plaint pas et pardonne. Ses collègues s’étant adoucis, Nunzio se trouve fort bien à l’hôpital où il unit ses douleurs à la Passion du Christ. Il est heureux, car, à 14 ans, il peut faire sa 1ère communion qu’il espérant tant.

Un colonel de la garde du roi de Naples et des Deux-Siciles, Félix Wocklinger, entend parler de lui et le recueille. Il y est merveilleusement bien mais… lors des absences du maître, les serviteurs jalousant Nunzio, l’injurient, lui subtilisent sa nourriture, etc. Il supporte encore tout, sans se plaindre. Les persécuteurs en arrivent à l’admirer.
Il expire à 19 ans, exemple de patience et de charité. Léon XIII le proposa en modèle à toute la jeunesse ouvrière. Paul VI le béatifia le 1er décembre 1963.

« Nunzio Sulprizio vous dira, à vous jeunes, que votre âge a été illuminé et sanctifié par lui. Cette gloire vous appartient. Il vous dira que la jeunesse ne doit pas être considérée comme l’âge des passions désordonnées, des inévitables chutes, des crises invincibles, des pessimismes décadents, des égoïsmes qui s’affichent…
Il vous dira qu’aucun âge de la vie, comme le vôtre, jeunes, n’est capable de grands idéaux, de généreux héroïsme, d’exigences cohérentes de pensée et d’action. Il vous enseignera que vous, jeunes, pouvez régénérer en vous-mêmes le monde dans lequel la Providence vous a appelés à vivre et qu’il vous appartient à vous, les premiers, de vous consacrer au salut d’une société qui a précisément besoin d’âmes fortes et intrépides. Il vous enseignera la suprême parole du Christ : que le sacrifice, la croix soient notre salut et celui du monde. Les jeunes comprennent cette suprême vocation… »

Source : Plus de 2000 jeunes saints, jeunes témoins, Tome I, éditions de Chiré

Publié par Abbé Dieudonné UWAMAHORO
Chargé de la Commission diocésaine pour les Moyens de Communication et Activités Culturelles.